01-09-18, 12:36:58
Je maintiens la totalité de ma première intervention. Tes citations sont correctes, par exemple, le colorimètre est un appareillage qui permet de mesurer la couleur de la surface d'un objet en la définissant par des coordonnées dans un espace colorimétrique. Dans cette phrase, les RVB ou TSL correspondent aux coordonnées mais c'est « l'espace colorimétrique » qui leur donnent un sens physique.
La conférence d'Eric Marchand contient beaucoup de citations savoureuses, mais aussi trop d'affirmations brutales non étayées. Il rentre dans le vif du sujet par l'affirmation (trop) classique Le modèle RGB (ou RVB) : pour coder la couleur il suffit de 3 nombres mesurant les quantités de rouge de vert et de bleu comme si chacun comprenait à demi-mot, alors qu'il y a quatre mots critiques dans cette phrase toute simple — rouge, vert, bleu, mesurer — qui contiennent en germe toutes les subtilités et les difficultés de la gestion de la couleur.
La difficulté vient de la trop grande ressemblance entre les différents termes employés et que chacun d'entre eux — espace, modèle — peut prendre des sens différents selon le contexte. Les confusions étaient encore pardonnables il y a 20-30 ans, elles ne le sont plus depuis l'avènement de la gestion de la couleur.
Le problème fondamental est qu'un triplet RVB, tout seul, n'a jamais pu caractériser une couleur bien définie tant qu'on n'a pas explicité dans quel espace colorimétrique on se plaçait. En termes plus crus, on prétend mesurer les couleurs sans avoir vraiment défini ce qu'est une couleur.
A mon avis, l'emphase sur le mot "modèle colorimétrique" pour distinguer les systèmes RVB et les TSL est abusif. En physique, on fait des «modèles» pour appréhender divers objets de notre environnement — les marées, une étoile, l'élasticité du caoutchouc ou d'un tricot, pourquoi un avion vole, etc... On part toujours d'une description de l'objet, qu'on simplifie pour n'en retenir que l'essentiel (du moins, ce qu'on pense être l'essentiel) ; la suite est purement mécanique : on met ça en équations et on en tire des résultats. Chemin faisant, il a fallu bien fallu utiliser un système de coordonnées, cartésien, cylindrique, etc... Ce ne sont que des coordonnées, des nombres qui ne caractérisent pas en eux même l'objet étudié, du moins tant qu'on n'a pas rappelé à quel système de repérage ils se rapportent. Il n'y a aucune physique dans le choix d'un système ce coordonnées plutôt qu'un autre, tout au plus une facilité plus ou moins grande pour mouliner les équations. Autrement dit, le choix de ce système de coordonnées ne devrait pas faire partie du modèle — d'où ma répugnance à parler de modèles RVB ou TSL
Le cas particulier du TSL est que les composantes T,S,L ressemblent beaucoup à une caractérisation des notions intuitives de teinte, saturation et luminosité, mais c'est du jeu de mot : on a simplement cherché des combinaisons des RVB qui auraient ce genre de comportement, et on en a trouvé. On en a même trouvé plusieurs (TSL, TSV et quelques autres) dont aucune n'est vraiment satisfaisante (et de loin !), parce qu'on a pris le problème à l'envers : au lieu de commencer par étudier vraiment à quoi correspondent ces notions avant de les modéliser, on a trouvé des combinaisons des RVB qui avaient un comportement ressemblant et on leur a collé le même nom que ces entités physiques, avant même qu'on ait mieux fait le tour de ces entités. Ce genre de comportement génère forcément tôt ou tard des confusions.
Historiquement, c'est Munsell qui s'est attelé à approfondir ces notions de teinte, saturation et luminosité et c'est une vingtaine d'années plus tard qu'on a cherché comment retrouver ses résultats à partir des mesures de composantes RVB. Le modèle LAB qui en est sorti (longtemps après) n'est qu'un compromis mais il marche raisonnablement bien — la preuve tout autour de nous et dans nos appareils photo !
La conférence d'Eric Marchand contient beaucoup de citations savoureuses, mais aussi trop d'affirmations brutales non étayées. Il rentre dans le vif du sujet par l'affirmation (trop) classique Le modèle RGB (ou RVB) : pour coder la couleur il suffit de 3 nombres mesurant les quantités de rouge de vert et de bleu comme si chacun comprenait à demi-mot, alors qu'il y a quatre mots critiques dans cette phrase toute simple — rouge, vert, bleu, mesurer — qui contiennent en germe toutes les subtilités et les difficultés de la gestion de la couleur.
La difficulté vient de la trop grande ressemblance entre les différents termes employés et que chacun d'entre eux — espace, modèle — peut prendre des sens différents selon le contexte. Les confusions étaient encore pardonnables il y a 20-30 ans, elles ne le sont plus depuis l'avènement de la gestion de la couleur.
Le problème fondamental est qu'un triplet RVB, tout seul, n'a jamais pu caractériser une couleur bien définie tant qu'on n'a pas explicité dans quel espace colorimétrique on se plaçait. En termes plus crus, on prétend mesurer les couleurs sans avoir vraiment défini ce qu'est une couleur.
A mon avis, l'emphase sur le mot "modèle colorimétrique" pour distinguer les systèmes RVB et les TSL est abusif. En physique, on fait des «modèles» pour appréhender divers objets de notre environnement — les marées, une étoile, l'élasticité du caoutchouc ou d'un tricot, pourquoi un avion vole, etc... On part toujours d'une description de l'objet, qu'on simplifie pour n'en retenir que l'essentiel (du moins, ce qu'on pense être l'essentiel) ; la suite est purement mécanique : on met ça en équations et on en tire des résultats. Chemin faisant, il a fallu bien fallu utiliser un système de coordonnées, cartésien, cylindrique, etc... Ce ne sont que des coordonnées, des nombres qui ne caractérisent pas en eux même l'objet étudié, du moins tant qu'on n'a pas rappelé à quel système de repérage ils se rapportent. Il n'y a aucune physique dans le choix d'un système ce coordonnées plutôt qu'un autre, tout au plus une facilité plus ou moins grande pour mouliner les équations. Autrement dit, le choix de ce système de coordonnées ne devrait pas faire partie du modèle — d'où ma répugnance à parler de modèles RVB ou TSL
Le cas particulier du TSL est que les composantes T,S,L ressemblent beaucoup à une caractérisation des notions intuitives de teinte, saturation et luminosité, mais c'est du jeu de mot : on a simplement cherché des combinaisons des RVB qui auraient ce genre de comportement, et on en a trouvé. On en a même trouvé plusieurs (TSL, TSV et quelques autres) dont aucune n'est vraiment satisfaisante (et de loin !), parce qu'on a pris le problème à l'envers : au lieu de commencer par étudier vraiment à quoi correspondent ces notions avant de les modéliser, on a trouvé des combinaisons des RVB qui avaient un comportement ressemblant et on leur a collé le même nom que ces entités physiques, avant même qu'on ait mieux fait le tour de ces entités. Ce genre de comportement génère forcément tôt ou tard des confusions.
Historiquement, c'est Munsell qui s'est attelé à approfondir ces notions de teinte, saturation et luminosité et c'est une vingtaine d'années plus tard qu'on a cherché comment retrouver ses résultats à partir des mesures de composantes RVB. Le modèle LAB qui en est sorti (longtemps après) n'est qu'un compromis mais il marche raisonnablement bien — la preuve tout autour de nous et dans nos appareils photo !
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